Amérique

Published on juillet 3rd, 2016 | by Mathilde Sans Tailleur

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Le merveilleux archipel des San Blas, entre le Panama et la Colombie

Quand j’ai réfléchis à comment passer la frontière entre le Panama et la Colombie, j’ai pensé à toutes les possibilités pour le faire.

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Par la route, c’est impossible car c’est beaucoup trop dangereux. La frontière est aux mains des FARC et il est donc impossible de traverser sans risque d’être attaqué et enlevé. Vous vous imaginez donc bien que cette possibilité a vite été mise de côté.

Par les airs, c’est possible et c’est même sûrement la façon la plus économique, au départ de Panama City par exemple. Mais j’ai également vite écarté cette solution car je voulais tester quelque chose de différent.

Je me suis donc intéressée aux différentes façon d’y aller par la mer. Outre la façon de le faire en prenant un ferry, et dont les informations sont très compliquées à trouver, deux moyens de transport ont retenu mon attention : La traversée de 3 jours en speed-boat ou la croisière de 5 jours en voilier.

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Tel la Sherlock Holmes que je suis parfois, j’ai investigué en profondeur sur ces deux dernières solution de traversée.
Commençons par le speed-boat… qui en réalité se trouve souvent être ce qu’ils appellent ici une lancha, donc ce qu’on appellera communément et avec grande classe, un tape-cul surpeuplé. Déjà, niveau bateau ça ne fait pas vraiment rêver. Si l’on choisi de faire la traversée en speed boat, les nuits se passent dans un confort tout à fait sommaire, en hammack, sur les îles, donc dans la communauté des indiens Kuna des San Blas. Au départ, l’idée de passer la nuit et une partie de la journée dans cette communauté d’indigènes me plaisait beaucoup mais, d’après ce que j’ai pu lire ou entendre, il s’est avéré que la plupart du temps, on n’échange pas grand-chose avec eux. Cette communauté n’est pas très ouverte à la discussion, par réserve ou timidité, je ne sais pas. J’ai également entendu dire que les repas n’étaient pas forcément copieux, bon ou frais. La lancha peut aussi souvent se transformer en party boat, avec des collègues de traversée plus penchés sur l’alcool du matin à tard dans la nuit que sur la découverte de ce magnifique archipel. La traversée en speed-boat dure 4 jours et 3 nuits avec la découverte d’une ou plusieurs îles chaque jour. Le départ se fait à Carti au Panama et l’arrivée est à Sapzurro en Colombie (ou inversement). Vous devez également apporter votre eau pour 4 jours car elle n’est pas incluse.
Jeep depuis l’hostel jusqu’au port : 30$
Transport jusqu’à Cartagena (à organiser soi-même en utilisant plusieurs moyens de transports) : $60 USD
Traversée : 399$
Donc un total de 489$ pour 4 jours (eau non comprise).

Attention, cette « critique » se base uniquement sur des récits de voyageurs rencontrés sur la route, d’une très bonne amie et de témoignages sur internet de personnes ayant fait la traversée de cette façon et non sur ma propre expérience.

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Je vais maintenant vous parler de ma propre expérience, la traversée de 5 jours en voilier. Alors oui, ça coûte cher… Mais tout est inclus et pris en charge par Blue Sailing depuis la porte de votre hôtel jusqu’à Carthagène, en passant par le passage de la frontière et la demande du fameux tampon sur le passeport. Il n’y a que l’alcool que l’on doit acheter et apporter nous même. Ils conseillent également d’apporter des snacks mais il y a suffisamment à manger sur le bateau, aux repas et en snacks. Je vais vous détailler les frais qu’engage cette solution, avant de vous donner mon avant et de vous conter ma propre expérience (Spoil : j’ai surkiffé ma race!).
Jeep depuis l’hostel où je dormais jusqu’au port : 30$
Taxe portuaire : 2$
Taxe Kuna : 20$
Lancha (bateau rapide) jusqu’au bateau : 20$
Traversée : 550$
Donc un total de 622$ pour 5 jours. Où il faut rajouter le prix de l’alcool apporté (prix en fonction de votre consommation et du type d’alcool, là je ne peux pas vraiment vous donner une idée du prix…) et les cachets pour le mal de mer, la marea, au prix de 5$ environ.

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DSC05042Une jeep est venue me chercher à mon hôtel à Panama City très tôt le matin (enfin j’appellerais plutôt ça la nuit vu que c’était 5h45…). On est allés au bureau de Blue Sailing où nous avons pu acheter des provisions au supermarché d’en dessous pour emporter sur le bateau. Puis, après avoir payer ce que nous devions et remplis les papiers nécessaires, on a pris une autre jeep pour aller jusqu’au port. Si vous êtes sujet au mal des transports, je vous conseille de prendre un cachet un peu avant parce que la route a de nombreux virages assez violents. Puis, depuis le port, nous avons pris une lancha pour aller jusqu’au bateau. Je suis donc arrivée sur le Big Fish avec un couple de canadiens et deux hollandais qui ne se connaissaient pas. L’équipage était composé de 3 colombiens, un capitaine, un sailor et une cuisinière. Et autant notre groupe de touristes que l’équipage étaient supers. Après c’est aussi une question de chance et de feeling mais on s’est tout de suite tous très bien entendus et l’ambiance sur le bateau était très bonne. De plus, nous n’étions que 5, j’ai donc eu une chambre double pour moi toute seule. En bref, le bonheur ! Nos trois premiers jours ont été rythmés par la découverte de quelques îles de l’archipel où on a joué au volley et rencontré les indiens Kuna et leur artisanat, des baignades à tout moment de la journée, de snorkeling guidé par le capitaine et le sailor, de douches sommaires à l’eau claire à l’arrière du bateau, d’apéro sur le bateau, sur les îles, dans l’eau… au son des vagues ou des musiques internationales et colombiennes, de plats succulents grâce à notre cuisinière hors pair parfois fraîchement pêché depuis le bateau par notre équipe de choc ainsi que des jus de fruits frais tous les jours et de bronzage (coup de soleilage pour ma part évidemment) à l’avant du bateau. Vous pouvez intercaler quelques siestes aussi, voire beaucoup pour certains, car les cachets pour le mal de mer ont tendance à donner envie de dormir !

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DSC05023Le soir du troisième jour, nous avons fait un apéro sur une île au bord d’un grand feu allumé par notre équipage. Nous avons même eu la chance de voir du plancton phosphorescent.
Les deux derniers jours, nous avons fait uniquement de la navigation en pleine mer pour arriver à Cartaghène. Notre navigation s’est très bien passée, la mer était calme et elle n’a duré que 30 heures (mais elle peut durer bien plus, en fonction de la météo). Pendant la navigation, on ne peut pas se baigner mais rien n’interdit la pêche, les apéros (léger pour éviter d’ajouter ça au mal de mer si toutefois il apparaît – ça n’est arrivé pour aucun de nous, ou très légèrement), les siestes et toutes les activités citées plus haut. Si vous avez de la chance, vous pourrez même peut-être voir des dauphins. On a eu un groupe d’environ 10 dauphins qui nous ont suivit à un moment de la navigation et nous avons aperçu une grande tortue de mer. C’était tout simplement magique.

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Toute cette expérience a été magique. C’est sûrement une des plus belles expériences de ma vie, grâce à la beauté de cet archipel mais aussi au fait de vivre 5 jours sur un bateau avec un groupe de gens géniaux. Je recommande évidemment de choisir cette possibilité pour traverser la frontière entre le Panama et la Colombie, en choisissant le Big Fish, avec son capitaine Jarith, malgré le prix (je vous entend grogner d’ici sur le prix élevé…). C’est tout simplement inoubliable.

 


About the Author

Je m’appelle Mathilde, j’ai 26 ans, je suis ingénieure commerciale, je suis française et j’habite à Montréal depuis un peu plus d’un an. Je suis passionnée de danse – notamment les danses latines – mais je pratique également d’autres sports, notamment du fitness et du yoga. Mais surtout, j’adore les voyages et découvrir la culture et les langues d’autres pays. Je parle d’ailleurs couramment français, anglais, espagnol et je parle un peu le portugais et l’italien.



2 Responses to Le merveilleux archipel des San Blas, entre le Panama et la Colombie

  1. simone aubry vernay says:

    bravo, c’est beau, ça fait envie! bonne suite
    une copine de Sylvette

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